samedi, 05 avril 2008

L'homme de qualité

599133907.jpgVoici le résumé d'un article que j'ai récemment publié dans le dossier Voir et reconnaître (s.dir. Jean-Pierre Goulard) de la revue Gradhiva.

*

 

Si la pensée du racisme biologique – de Gustave Klemm à Joseph Arthur de Gobineau – n’apparaît que dans le courant du XIXe siècle, c’est, si l’on en croit les récits que nous proposent les historiens des sciences du vivant, que la pensée de l’inscription de l’individu dans une identité et un héritage proprement biologiques vient tout juste de prendre corps.

Avant cela, la Nature est muette. Du moins ne fait-elle que se reproduire inlassablement à l’identique dans des destinées individuelles qui jamais n’influent elles-mêmes sur un héritage dont elles ne sont que les récipiendaires, jamais les auteurs, moins encore les arbitres.

Pourtant, si le concept d’hérédité biologique n’apparaît que tardivement en tant qu’expression scientifique, cela ne signifie pas, comme le supposent nos modernes exégètes, que la pensée de l’inscription somatique soit totalement absente de la pensée des Anciens. Si elle n’y relève pas nécessairement d’un discours savant parfaitement construit, l’on en perçoit en revanche nettement les échos dans d’autres types de productions littéraires de l’époque.

C’est, alors, à une relecture de certains de ces textes, qui mettent en scène une génétique d’avant la génétique, une pensée préscientifique d’une hérédité qui ne distingue pas encore, dans le legs humain, entre les parts respectives de l’inné et de l’acquis, de la nature ou de la culture, que l’auteur nous convie ici.

 

*

L’article complet est disponible dans Gradhiva, n° 6

samedi, 14 avril 2007

A la croisée des chemins. La filiation, un concept pour la biologie et l'anthropologie.

L’usage du concept de parenté et de filiation qui transparaît dans l’imaginaire des sociétés européennes contemporaines identifie largement, comme on le sait, ces notions à des relations purement « biologique ». Or, l’ethnologue, tout comme l’historien, savent que cet emploi est non seulement récent mais qu’il est également tout à fait spécifique à nos propres cultures. Tant les sociétés de l’Europe ancienne que nombre de sociétés contemporaines extra européennes en effet opèrent ou opéraient un distinguo très net entre ces ordres de faits, « parenté » sociale et « consanguinité » biologique.

Ce recentrage contemporain vers un tout biologique s’il touche globalement l’Europe occidentale et septentrionale n’est certes pas encore omniprésent dans toute la région et l’on pourrait citer maints exemples de populations - en Grèce, en Sicile, dans les communautés gitanes ou encore dans les anciens pays du bloc de l’Est - où les conceptions relative à ces notions de filiation et de parenté sont encore fort éloignées de cette lecture en termes biologiques. Toutefois, pour faire vite, l’on peut dire que celle-ci tend à occuper de plus en plus une place centrale dans les représentations des sociétés européennes. Or, ce recentrage – qui n’est pas directement informé par un modèle scientifique - n’est pas sans conséquences immédiates sur la place et le regard que les parents portent à leur progéniture et sur la représentation que l’enfant a en retour de la cellule familiale ; Toutes choses que les sociologues subsument désormais sous le concept de « parentalité ».

Je m’efforcerai pourtant de montrer ici que derrière ces oripeaux biologiques se dissimulent en fait toujours – ce y compris dans notre contexte européen - un socle sociologique fort et que, in fine, notre conception actuelle s’insère bien plus harmonieusement qu’il n’eut pu sembler en première analyse dans la multiplicité des solutions déjà adoptées par une humanité désireuse de s’essayer à l’art et à la manière d’être parent.

*

(Le texte de l'article complet, ci-dessous, est en format PDF. Il reprend celui d'une conférence donnée à la CASNAV de l'Académie de Paris).

Lire l'article complet : A la croisée des chemins.