lundi, 11 août 2008

Le siècle des femmes (Podcast)

Vous pouvez retrouver le podcast du débat sur les « questions de genre » de l’émission de France Culture, « Le siècle des femmes » à cette adresse.

 

La table ronde est animée par Michèle Cotta et les invités sont :

 

Françoise Gaspard, sociologue et femme politique ;

Catherine Vidal, neurobiologiste ;

Claire Fékété, chirurgien ;

Laurent Barry, anthropologue.

samedi, 05 avril 2008

L'homme de qualité

599133907.jpgVoici le résumé d'un article que j'ai récemment publié dans le dossier Voir et reconnaître (s.dir. Jean-Pierre Goulard) de la revue Gradhiva.

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Si la pensée du racisme biologique – de Gustave Klemm à Joseph Arthur de Gobineau – n’apparaît que dans le courant du XIXe siècle, c’est, si l’on en croit les récits que nous proposent les historiens des sciences du vivant, que la pensée de l’inscription de l’individu dans une identité et un héritage proprement biologiques vient tout juste de prendre corps.

Avant cela, la Nature est muette. Du moins ne fait-elle que se reproduire inlassablement à l’identique dans des destinées individuelles qui jamais n’influent elles-mêmes sur un héritage dont elles ne sont que les récipiendaires, jamais les auteurs, moins encore les arbitres.

Pourtant, si le concept d’hérédité biologique n’apparaît que tardivement en tant qu’expression scientifique, cela ne signifie pas, comme le supposent nos modernes exégètes, que la pensée de l’inscription somatique soit totalement absente de la pensée des Anciens. Si elle n’y relève pas nécessairement d’un discours savant parfaitement construit, l’on en perçoit en revanche nettement les échos dans d’autres types de productions littéraires de l’époque.

C’est, alors, à une relecture de certains de ces textes, qui mettent en scène une génétique d’avant la génétique, une pensée préscientifique d’une hérédité qui ne distingue pas encore, dans le legs humain, entre les parts respectives de l’inné et de l’acquis, de la nature ou de la culture, que l’auteur nous convie ici.

 

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L’article complet est disponible dans Gradhiva, n° 6

mardi, 17 avril 2007

Une société sans père ni mari

(L'île d'Utopie de Thomas More ; Source illustration : BNF)

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On s’accorde généralement à reconnaître deux sens au terme utopie. Dans la première acception, la plus triviale, il s’apparente à la fabula, au récit inventé. Dans l’autre - celle des Lumières, de Thomas More et de Fourier - il est surtout la chose conçue de façon « rationnelle », qui refuse de se soumettre au joug des contraintes biologiques ou sociales. Ainsi, dans son célèbre roman d’anticipation, Le meilleur des mondes (1932), Aldous Huxley nous présente la vision de ce qui se rapproche le plus, selon moi, d’une pure utopie ; en raison du caractère imaginaire de la société qu’il décrit, bien sûr, mais surtout parce que l’expression la plus radicale de la volonté de contrôle humain s’y manifeste dans un domaine où normalement ces mêmes contraintes sont le plus étroitement liées : celui de la génération. Dans cette société, les enfants - dont la conception est entièrement confiée aux bons soins de machines - ne doivent rien, ni biologiquement ni socialement à leurs aînés.

Certes, les pratiques et les conceptions des Na (l’un des quatre groupe Mo-so), que Caï Hua analyse dans Une société sans père ni mari, ne relèvent pas d’une quelconque utopie. Elles ne découlent pas du choix « rationnel » des acteurs qui y participent, mais bien de ces mêmes invariants sociaux et biologiques qu’elles partagent, nolens volens, avec l’ensemble des sociétés humaines. Et pourtant la dissociation entre ces divers ordres de fait - sexualité, reproduction et filiation - qui procède, comme l’indique le titre de l’ouvrage, de l’absence de mariage et de toute forme de paternité, apparaît ici presque aussi radicale que dans la description qui valut son succès au livre de Huxley.

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(L’« À propos » suivant porte sur le livre de Caï Hua, Une société sans père ni mari. Les Na de Chine, Paris, P.U.F., coll. Ethnologies, 1997, 371 p., bibl., gloss., fig., cartes. Il a été publié en 1998 dans la revue L’Homme, 146, pp. 233-247, sous le titre Le tiers exclu. Le lien suivant mène à la version PDF complète du texte disponible sur le site Persée du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. )

Lire l’article complet : Une société sans père ni mari

samedi, 14 avril 2007

A la croisée des chemins. La filiation, un concept pour la biologie et l'anthropologie.

L’usage du concept de parenté et de filiation qui transparaît dans l’imaginaire des sociétés européennes contemporaines identifie largement, comme on le sait, ces notions à des relations purement « biologique ». Or, l’ethnologue, tout comme l’historien, savent que cet emploi est non seulement récent mais qu’il est également tout à fait spécifique à nos propres cultures. Tant les sociétés de l’Europe ancienne que nombre de sociétés contemporaines extra européennes en effet opèrent ou opéraient un distinguo très net entre ces ordres de faits, « parenté » sociale et « consanguinité » biologique.

Ce recentrage contemporain vers un tout biologique s’il touche globalement l’Europe occidentale et septentrionale n’est certes pas encore omniprésent dans toute la région et l’on pourrait citer maints exemples de populations - en Grèce, en Sicile, dans les communautés gitanes ou encore dans les anciens pays du bloc de l’Est - où les conceptions relative à ces notions de filiation et de parenté sont encore fort éloignées de cette lecture en termes biologiques. Toutefois, pour faire vite, l’on peut dire que celle-ci tend à occuper de plus en plus une place centrale dans les représentations des sociétés européennes. Or, ce recentrage – qui n’est pas directement informé par un modèle scientifique - n’est pas sans conséquences immédiates sur la place et le regard que les parents portent à leur progéniture et sur la représentation que l’enfant a en retour de la cellule familiale ; Toutes choses que les sociologues subsument désormais sous le concept de « parentalité ».

Je m’efforcerai pourtant de montrer ici que derrière ces oripeaux biologiques se dissimulent en fait toujours – ce y compris dans notre contexte européen - un socle sociologique fort et que, in fine, notre conception actuelle s’insère bien plus harmonieusement qu’il n’eut pu sembler en première analyse dans la multiplicité des solutions déjà adoptées par une humanité désireuse de s’essayer à l’art et à la manière d’être parent.

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(Le texte de l'article complet, ci-dessous, est en format PDF. Il reprend celui d'une conférence donnée à la CASNAV de l'Académie de Paris).

Lire l'article complet : A la croisée des chemins.